Vietnam

VIETNAM | Découvertes gourmandes à Hanoï

Il est 9h du matin. Je traverse les rues du vieux Hanoï en direction du marché Đồng Xuân. Construit en 1889 sous l’administration française, il s’agit de l’un des marchés les plus importants de la ville. L’endroit parfait pour débuter la journée. C’est d’ailleurs là que Van, un Hanoïen de souche, m’a donné rendez-vous pour me faire découvrir sa ville. C’est grâce à la magie de l’internet que Van, l’un de nos abonnés Facebook, nous a contactés pour nous proposer une balade gourmande du vieux Hanoï. Bien sûr, on a accepté sans hésitation!

En me rendant à notre point de rencontre – parce que oui, je pars seule ce matin, car Michaël ne se sent pas très bien -, j’ai l’impression de découvrir la ville sous un autre jour. Sur les trottoirs, bien installés sur de petites chaises en plastique, les Hanoïens débutent la journée autour d’un bol de phở. Ici la phở, cette délicieuse soupe à base de nouille de riz et de bouillon de boeuf, est un plat que l’on mange le matin. Le bruit des klaxons semble avoir fait place aux cris des vendeurs ambulants. Je comprends pourquoi Van m’a donné rendez-vous si tôt le matin: « La meilleure façon de découvrir Hanoi, c’est le matin. C’est là où on sent le mieux la culture hanoïenne », nous avait-il écrit.

Pendant les heures qui suivent, Van me fait découvrir sa ville à travers sa gastronomie, son histoire et sa culture. Un moment de pur bonheur tant pour les yeux que pour les papilles gustatives!

 

 Partons donc à la découverte des délices de Hanoï! 

 

Vous avez sans doute déjà entendu parler de la « nourriture de rue », du « street food », au Vietnam. Mais saviez-vous qu’au-delà de la délicieuse nourriture qu’on y retrouve, la rue occupe une place importante dans la culture vietnamienne? Van m’explique que c’est là que débute la journée de tous bons Hanoïens. Il n’est pas rare de se lever aux petites heures du matin pour faire son marché et ensuite se retrouver entre amis et voisins autour d’un café ou d’une phở. La rue est donc un lieu d’échanges, mais aussi un lieu de rencontres.

Ici tout s’achète frais le jour même. Van m’explique d’ailleurs que dans la cuisine hanoïenne chaque plat compte au moins 2 légumes ou herbes fraiches. En fait, le Yin et le Yang occupent une place très importante dans la cuisine vietnamienne. Aux éléments chauds (Yang) on doit ajouter un élément froid (Yin), à la viande (Yang) on doit ajouter un légume (Yin).

J’ai encore l’eau à la bouche rien qu’en repensant à l’odeur des herbes fraiches et à toutes ces teintes de verts qu’on retrouve dans les marchés du Vietnam. Et que dire des fruits… je n’ai jamais goûté à des mangues aussi fraiches. Van souligne toutefois que les desserts ne font pas nécessairement partie de la culture culinaire vietnamienne, et que  les fruits sont plutôt servis en collation. Moi j’en mangerais bien toute la journée!

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Mais alors, que doit-on goûter? 

 

Le Bánh cuốn

Le bánh cuốn est un plat typiquement hanoïen qui se mange principalement le matin. Il s’agit de raviolis (de crêpes ultras minces) farcis de viande de porc haché de champignons noirs. Ce plat est habituellement servi avec des herbes fraiches et des oignons frits. Le secret de ce plat repose toutefois dans la sauce nước mắm (ou sauce de poisson) dans laquelle on ajoute quelques piments et où l’on trempe nos raviolis. Un plat léger et délicieux!

 

 Où goûter au bánh cuốn ?
> Bánh cuốn – Bún Thang (12-14 Hàng Ga) : Petit restaurant très simple où l’on peut observer la préparation de nos délicieux bánh cuốn 

 

 

Le Chả cá 

Le Chả cá est devenu une vedette dans le monde culinaire hanoïen. Des chefs du monde entier visite Chả cá Lã Vọng, ce restaurant centenaire qui prépare le célèbre Chả , pour en découvrir les secrets. On retrouve d’ailleurs ce plat sur de nombreuses listes de choses à goûter avant de mourir. On se devait donc d’aller voir par nous même ce qui faisait de l’endroit un incontournable à Hanoï!

Alors, qu’est-ce qui fait la célébrité de ce plat? Son goût unique et le fait qu’il est servi directement dans un poêlon que l’on garde sur le réchaud. Le poisson est parfaitement assaisonné d’aneth et de safran, ce qui lui donne sa couleur jaunâtre. À cela, on ajoute quelques herbes fraiches, des nouilles de riz et des arachides. L’odeur est tout simplement divine.

Mais ce que plusieurs ignorent, c’est l’histoire qui se cache derrière ce plat et cette adresse mythique. Van m’explique que l’origine du Chả cá est intimement liée à la colonisation française de la fin du 19e siècle. À cette époque, la famille Doan, à qui appartenait la maison, faisait partie du soulèvement contre les Français. Afin de cacher les dissidents politiques vietnamiens, le père de famille créa une échoppe spécialisée dans le poisson frit. Alors qu’au rez-de-chaussée il vend son poisson, au sous-sol il cache dissidents et armes. Lorsque les Français apprennent le stratagème, ils font guillotiner M. Doan. Suite au départ des Français, la rue où se trouvait l’échoppe s’appelait « Rue de la peinture », mais elle fut rebaptisée Chả cá  en l’honneur du célèbre plat, mais également pour souligner la contribution de la famille Doan à l’indépendance vietnamienne. Voilà la preuve que derrière chaque plat, se trouve une histoire fascinante!

 

 Où goûter au Chả cá?
>Chả cá Lã Vọng (14 Chả cá) : L’adresse par excellence pour goûter le célèbre Chả cá! Il s’agit d’un restaurant centenaire avec une salle à mangé au deuxième étage. 
*** Attention!! Devant le succès de ce plat, de nombreux restaurateurs tentent de le reproduire.  Plusieurs de ces « faux » restaurants vous serviront un plat qui ne ressemblent en rien à celui de chez  Chả cá Lã Vọng : ils vont même jusqu’à remplacer le poisson par du tofu à votre insu!

 

Le Bún chả 

Oh Bún chả, plat qui peuple mes rêves depuis notre retour au Canada. Après cette petite ode au Bún chả je n’ai sûrement pas besoin de vous dire qu’il s’agit du plat que j’ai préféré au Vietnam. Mais je ne suis pas la seule à avoir vanté ses mérites. Au début du 20e siècle, l’écrivain vietnamien Thạch Lam soulignait déjà que le Bún chả était le plat le plus caractéristique de Hanoï et que celui qui l’avait inventé méritait qu’on se souvienne de lui. On en est bien d’accord, ce plat est un chef d’oeuvre!

Préparé avec du porc grillé, des vermicelles de riz, de la papaye verte et des herbes fraiches servis dans une sauce de poisson sucrée, ce plat est à la fois simple et savoureux. En quelques bouchées, on a l’impression de découvrir tous les secrets de la cuisine hanoïenne: ici tout est dans la fraicheur et l’harmonie des saveurs. Si vous ne goûtez qu’à un seul plat à Hanoï, il faut que ce soit celui-ci!

 Où goûter au Bún chả?
> Tuyết Bún chả (34 Hàng Than) : Caché au second étage d’un édifice à appartements, ce restaurant est encore peu connu des touristes, mais l’un des préférés des Hanoïens!

 

En train de déguster un Bún chả en compagnie de Van.

Le Cà phê trứng

Si les desserts ne font pas partie de la gastronomie hanoïenne, cela ne veut pas dire que vous ne pourrez pas satisfaire votre dent sucrée. Malgré le fait que je ne bois pas de café, Van m’a convaincu d’essayer une spécialité de la ville le Cà phê trứng, ou café à l’oeuf!

Saviez-vous que le Vietnam est le deuxième plus grand producteur de café au monde après le Brésil? La production du café au Vietnam date de l’ère de la colonisation française: ce sont les Français  qui y ont apporté les plants de café dans les années 1800. Mais Van m’explique que contrairement à plusieurs pays producteurs de café en Asie du Sud-Est, le Vietnam est l’un des seuls à aussi être grand consommateur de café.

Le Cà phê trứng  est une spécialité typiquement hanoïenne. Mais d’où vient cette idée de café à l’oeuf? Pendant la guerre d’Indochine (1946-1954), le lait est une denrée rare au Vietnam. M. Nguyen Va Giang, barman au célèbre hôtel Sofitel Legend Metropole, se trouve devant un dilemme: comment préparer le cappuccino pour ses clients sans lait? C’est là que lui vient l’idée de remplacer le lait par le jaune d’oeuf. Sa recette connaît un succès presque instantané. Après la guerre, il décide d’ouvrir son propre café, le Café Giang, qui sert encore aujourd’hui sa délicieuse création. Nul besoin de vous dire que j’ai absolument adoré le mélange sucré d’oeuf et de café! Un délice, même pour ceux qui ne sont pas fan de café!

 

 Où goûter au Cà phê trứng?
> Café Giang (39 Nguyen Huu Huan) : Caché au fond d’une allée, ce café est sans aucun doute le plus populaire d’Hanoï. Sa terrace offre par ailleurs une magnifique vue sur le lac Hoan Kiem. 

 

 

 

 

Vous en voulez plus? 

Allez lire nos autres articles sur le Vietnam ici.

 

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Marie & Michaël


 

Un immense merci à Van de m’avoir fait découvrir sa ville. Je vous invite d’ailleurs à poursuivre vos découvertes sur son blogue Indochine en profondeur.