France

FRANCE | Ode au Paris de mon enfance

« Maman, quand je serai grande j’épouserai Paris ! » Cette phrase j’ai dû la répéter des dizaines de fois à ma mère qui, après avoir tenté à quelques reprises de m’expliquer qu’un pays ça ne s’épousait pas, ne faisait que me regarder en souriant. Cette phrase, c’était ma façon à moi de vivre ma toute première peine d’amour. Un jour, j’en étais convaincu, j’épouserais Paris !

De notre départ, je ne me souviens de presque rien sauf la piscine de l’hôtel à l’aéroport de Mirabel (oui, c’était l’époque où le défunt aéroport Mirabel vivait ses heures de gloire). Je ne me souviens pas de notre arrivée, ni de mes premières impressions. Je ne me souviens pas d’avoir dit au revoir à mes amis canadiens, ni d’avoir dû choisir laquelle de mes précieuses Barbie feraient le voyage avec moi. Je ne me souviens pas de mon père qui était venu nous accueillir à l’aéroport ni de la route jusqu’à cette maison qui allait devenir chez moi pour la prochaine année. Tout de notre départ et de notre arrivée m’échappe. Du haut de mes 6 ans, je n’ai sans doute pas dû saisir immédiatement l’ampleur de ce qui m’arrivait. Pourtant, cette année passée en France reste encore à ce jour l’une des années les plus marquantes de ma vie.

Paris au début des années 1990 ! Pour moi c’est l’époque où j’ai chanté à gorge déployée les grands hits de Dorothée, c’est l’époque où j’ai voulu faire comme Justine de Premiers baisers, c’est l’ouverture d’Euro Disney, c’est la sortie au cinéma du film La Belle et la Bête. La politique ? Je ne connaissais pas, sauf que dans l’une des chansons que j’aimais bien chanter, il y avait un certain Mitterrand « en petit collant » et un Jacques Chirac « en anorak ». Vous m’auriez demandé de qui il s’agissait, je n’aurais pas su vous répondre. Bien sûr, il y avait aussi les Champs Élysées qui m’émerveillaient tant, la Tour Eiffel si grande, si belle. Il y avait aussi Versailles, mon château à moi. Car oui c’était bien mon château, du moins c’est ce que j’aimais m’imaginer. Vous ne m’y auriez jamais croisé sans ma plus belle robe (j’étais une princesse tout de même !).

Puis, il y avait mes amis : Marine, Coline, Sophie, les Mathilde, Raphaëlle, Laetitia, Léonard, Laurent… leurs visages m’échappent, mais leurs noms restent gravés dans ma mémoire. Il y avait mon enseignante, Madame Chambrault. Il y avait tous ceux qui m’avaient si gentiment accepté malgré ma façon un peu «étrange » de dire au revoir : « Bye bye ! »

Quitter Paris, quitter ce monde, mon monde, ça a été ma première grande peine d’amour. Vouloir marier Paris c’était ma façon un peu maladroite de me dire que j’y retournerais un jour, que ce n’était pas un adieu, mais un simple « à la prochaine ! ».

Je n’ai jamais retrouvé le Paris de mon enfance : je ne sais ce que sont devenues Dorothée et Justine. Euro Disney est devenu Disney Land Paris, mais je regarde toujours la Belle et la Bête avec le même émerveillement. J’ai perdu de vue plusieurs de mes amis, mais Facebook m’a permis d’en retrouver quelques-uns. Leurs visages ne ressemblent plus à celui de mes souvenirs bien sûr. Malgré le temps qui passe, j’ai gardé ce même amour pour Paris, cette ville qui me met encore des étoiles plein les yeux.

Je n’épouserai peut-être pas Paris quand je serai grande, mais une chose est certaine, je l’aimerai toujours d’un amour que seul un petit cœur d’enfant est capable.

Paris
Paris

 

Et vous, quels sont vos plus beaux souvenirs d’enfance? 

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À très bientôt pour une nouvelle escapade! 

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Marie & Michaël